Surfer Bordeaux

L’autre matin, dans ma rue, en levant la tête, j’ai eu une extraordinaire vision de mon bonheur de bordelaise. J’ai réalisé que cette vision absolument réaliste véhiculait une symbolique énorme, un élément irremplaçable de mon bien-être de bordelaise, un condiment essentiel du sel de ma vie dans le sud -ouest.

Je ne parle pas de la vision d’un mascaron qui animerait et égayerait une de nos jolies façades, non non, juste d’un signe extérieur et discret de ma qualité de vie : une combi intégrale de surf qui séchait langoureusement sur un élégant balcon en fer forgé.

Elle goutait encore, et m’a fait rêver !!!

J’ai pensé au veinard qui ce matin s’est levé aux aurores pour s’offrir une « session » avant d’aller « au maille ». Plus tard, j’ai aperçu le gars au balcon, plutôt tonton surfeur qu’étudiant. Le scénario de sa matinée m’a envahi l’esprit : un départ matinal motivé, probablement avec un ou deux copains surfeurs qui aménagent leurs horaires ou se prennent une petite RTT de temps en temps pour leur saine et bonne cause. Ils ont regardé le surf report, vérifié qu’un gentil vent d’Est serait au rendez-vous, et hop direction les vagues.

Cette combi qui sèche a la valeur inestimable de ce qui ne s’achète pas, de ce qui fait de nous des « chounards » de premier ordre. Nous vivons dans une ville qui prend parfois des airs de vacances et qui en porte même les stigmates aux fenêtres.

Comme une serviette qui sècherait à Biarritz, sauf que ce surfer du lundi n’est pas à Biarritz, ni même en vacances. Il rentre, il se désale et part taffer.

 

Guillemette Bardinet
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